Vic-sur-Seille, enceinte urbaine (Moselle)

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Histoire et Cultures de l'Antiquité et du Moyen Âge (EA1132 / HISCANT-MA) - Université de Lorraine

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Vic se situe sur le plateau lorrain dans la vallée de la Seille (altitude 200 m) creusée dans les manies salifères (Keuper) du Pays des Etangs à 20 km à l'est de Nancy. Le bourg contrôlait la voie antique Metz, Saverne, Strasbourg.
Le bourg primitif
Des sondages archéologiques ont mis au jour des éléments de briquetage proto-historique dont l'accumulation constitua un îlot au milieu de la vallée marécageuse. A l'époque gallo-romaine "Vicus Bodatius" se développa sur le site. L'activité se maintint durant le Haut Moyen Age comme l'attestent la présence de monétaires mérovingiens et carolingiens. L'église paroissiale mentionnée dès 771 était dédicacée à saint Marien, ermite, mort vers 488. Un fossé récemment découvert au sud-ouest protégeait cet habitat groupé sur un espace ne dépassant pas 150 m de côté. Ce noyau ancien disposait d'équipements dont la toponymie a conservé le souvenir : l'aître, la vieille halle (1202), deux places, le four banal, le moulin (1055), la rue des bouchers en bordure de la Seille.
Le second bourg
L'essor des XIe et XIIe siècles se traduisit par le développement d'un habitat périphérique moins dense, associé aux puits et aux poêles à sel dont le nombre dépassait la trentaine.
Jouissant d'une réelle prospérité, les bourgeois, encouragés par l'évêque Bertram et bénéficiant du concours financier des abbayes détentrices d'une grande partie de la production de sel, entreprirent vers 1196 la construction d'une enceinte en pierre. Ils imitèrent les bourgeois messins qui, au même moment, fortifiaient les faubourgs de leur cité.
L'ouvrage ne manque pas d'impressionner avec ses 1 910 m répartis sur les deux rives de la Seille.
Précédé d'un fossé large de 20 à 25 m, le rempart comptait au moins 32 tours demi-circulaires de flanquement et trois portes.
Au sud-est, la porte d'Anval composée d'un passage (6,20 m x 5,20 m) protégée par deux tours fennecs à la gorge (diamètre 9,60 m) reçut après 1360 une protection supplémentaire, en l'occurrence une barbacane au D'ace coudé (Lg : 24 m ; 1g : de 9 m à 5 m) avec pont-levis à flèche ; au nord-est la porte de la Bonne Fontaine ; au nord-ouest la porte Saint-Christophe appartenant à la catégorie des tours-portes rectangulaires (1g : 12 m) protégeait un passage large de 7,20 m muni d'une herse, d'un sas et d'une porte à deux vantaux. Elle reçut elle aussi une barbacane au Bas Moyen Age.
Seul le prieuré Saint-Christophe (1100) et la source de la Bonne Fontaine restèrent hors de l'enceinte au XIIIe siècle. A l'intérieur de celle-ci divers équipements traduisent la variété des fonctions du bourg.
La place du Tripot, le marché (1274), la présence de banquiers messins, lombards et juifs illustrent la fonction économique qui déclina après 1330 en raison de l'arrêt de la production de sel dû à l'épuisement des sources salées. Au XVe s. on trouve la rue des Fèvres, celle des Boulangers, celle des Cloutiers, l'étuve. L'évêque accorda une charte de franchise connue indirectement par une confirmation de 1344.
L'espace libéré par les salines ne fut jamais urbanisé et les gravures du XVIIe s. confirment l'importance des vergers et des jardins dans l'enceinte.
L'équipement religieux comptait une collégiale Saint-Etienne (1200), un couvent de Béguines (1271), un hôpital (1297). En 1380, le prieuré bénédictin Saint-Christophe-hors-les-murs fut détruit et installé dans le couvent abandonné par les Béguines. En 1420 les Cordeliers reçurent une autre partie de cet établissement. Vic fut l'objet des convoitises des comtes de Bar à deux reprises. En 1297 ils endommagèrent la ville et en 1324 ils la saccagèrent de fond en comble. Ces destructions aggravées par l'épuisement des sources salées firent péricliter définitivement l'activité économique. Vie conserva ses fonctions administratives, résidentielles et militaires.
Elle était le chef-lieu d'un archidiaconé composé des archiprêtres de Delme, Nomeny, Mousson, Hatrize et Gorze. L'évêque y convoqua plusieurs synodes au XIVe siècle.
Au judiciaire, elle disposait d'un échevinage qui suivait la coutume de Metz. Elle constituait le centre d'un vaste bailliage, possédait une prison et accueillait le tribunal féodal (Assises) de la principauté.
Les évêques multiplièrent les séjours à Vic au XIIe s. mais c'est aux XIVe et XVe siècles qu'ils prirent Vic comme résidence principale en raison de leur éviction de Metz par les bourgeois soucieux d'indépendance.
L'évêque Conrad de Scharfenberg (1213-1224) fit édifier le château au sud-ouest de la ville renforçant ainsi les défenses urbaines. Le château disposait d'un fossé qui l'isolait de la ville. Il dessinait un octogone irrégulier flanqué de dix tours demi-circulaires (diamètre 8 m). Les vestiges de trois tours et de courtines illustrent la qualité de la construction avec parement, archères à étrier, base talutée et chemin de ronde. Aux XIVe et XVe siècles, on remplaça ces constructions massives par des beaux appartements avec fenêtres à coussièges au sud-ouest. Au milieu du XVe siècle un élégant châtelet de style gothique flamboyant fut édifié devant la porte du château du côté de la ville.
Jusqu'en 1484, Vic joua un important rôle militaire en protégeant l'évêché contre les ambitions des ducs de Bar et de Lorraine. A partir de 1552, Vic devint française et Marsal devint la principale place forte du Saulnois.
Née de l'exploitation des sources salées depuis la Protohistoire, Vic prospéra durant l'Antiquité et le Moyen Age. Cette prospérité se traduisit par l'édification d'un rempart urbain dès 1196, d'un puissant château et la concession de franchises. Après 1330 la petite ville ne conserva que des fonctions tertiaires et artisanales.

Departement

Commune

Code INSEE

57 712

Numero du Site

Jalons Chronologiques

XII - XVIII s.

Nature du Site

seigneurial

Environnement

rural

Thematique Principale

Thematique Secondaire

Bibliographie

Gérard Giuliato, "Les fortifications urbaines de Vic-sur-Seille au Moyen Âge", SHAL [en ligne], 2, 1994, p. 117-135.http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/43295/CL_1994_2_117.pdf?sequence=1
Gérard Giuliato, Jean-Denis Laffite, "Vic-sur-Seille (Moselle)", in : Hénigfeld Yves, Masquilier Amaury dir., Archéologie des enceintes urbaines et de leurs abords en Lorraine et en Alsace (XIIe-XVe s.), Dijon, SAE, RAE, 26e supplément, 2008, p. 363-392.

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Histoire et Cultures de l'Antiquité et du Moyen Âge (EA1132 / HISCANT-MA) - Université de Lorraine, “Vic-sur-Seille, enceinte urbaine (Moselle),” IMAGE, consulté le 6 août 2020, https://image.hiscant.univ-lorraine.fr/ark%3A/67375/MGZz67f2qRRz.

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